CODOH
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CHAPITRE VLE RÉVISIONNISME A L'ÉTRANGERL'affaire Faurisson n'est pas sans avoir des répercussions à l'étranger. Mais il faut savoir, pour en apprécier la portée, que différents auteurs ont fait connaître, ici et là, des points de vue d'ailleurs fort divers, qui sont souvent étiquetés sous la marque unique du révisionnisme. En attendant qu'un bilan de cette littérature, très inégale, soit disponible #, on peut rassembler quelques données sur les conditions dans lesquelles se déroulent ces « débats », ou ces « affaires » C'est en Allemagne que les problèmes se posent avec le plus d'acuité. Certains textes révisionnistes y ont été publiés, mais plusieurs auteurs ont été soumis à des tracasseries et des abus divers #. Thies Christophersen a eu sa maison incendiée. Wilhelm Stäglich, un petit magistrat à la retraite, a vu sa solde réduite d'un cinquième pour cinq ans (??). Surtout, plusieurs ouvrages (ceux de Stäglich, la traduction allemande de Butz, et d'autres) sont classés comme « dangereux pour la jeunesse » (le quod juventutem corrumperet de nos vieilles grammaires latines). C'est la mise à l'index, Indizierung. Il y a aussi des interdictions professionnelles (Udo Walendy, professeur d'histoire et d'autres), des procès, etc. Cette répression s'exerce sur des opinions actuelles, et non sur ce qu'auraient été ces gens dans le passé. Tout cela m'est apparu comme plutôt surprenant, si je le confronte avec tout ce que je lis sur une Allemagne fédérale si prompte à blanchir les anciens nazis, à passer l'éponge, à souhaiter l'oubli, si réticente à juger les criminels [157] nazis #. Les deux aspects coexistent sans doute : on ne voit pas pourquoi l'État allemand (on devrait dire les États allemands, la R.D.A. étant logée à la même enseigne) se priverait des services de tous ceux qui faisaient l'ossature administrative et économique de l'Allemagne hitlérienne. L'adhésion à la N.S.D.A.P., le parti nazi, était à peu près obligatoire pour mener une quelconque activité publique. Les États actuels peuvent parfaitement accepter les services, et l'expérience, de ces gens-là, comme en France où l'on trouve dans les sphères dirigeantes nombre d'individus qui ont fait allégeance à Pétain, tel notre ancien ministre de l'intérieur, M. Marcellin. Ne parlons pas des mussoliniens, des franquistes, des salazaristes qui sont toujours dans les allées du pouvoir ; à ces continuités dans le changement, une seule condition : les apparences de la conversion aux bienfaits de la démocratie parlementaire. Faut-il entrer dans le détail de la farce de la « dénazification » instaurée par les Alliés au lendemain de la guerre ? Ce qui est pourchassé aujourd'hui en Allemagne, à droite comme à gauche, c'est la déviation de pensée. L'Allemagne peut accepter que d'anciens nazis, S.S., ou autres se réunissent et manifestent leur nostalgie d'anciens combattants, mais elle redoute de soulever le couvercle de la marmite de sorcière où se mijotent les grands mythes du temps présent. Je me souviens de reportages dans le Monde, il y a quelques années, où l'on montrait qu'un certain malaise allemand venait du fait que ce pays a le corps d'un géant économique et la tête d'un nain politique. Cela arrange surtout les autres puissances présentes en Europe. Le nud gordien de cette contradiction est évidemment la question de la culpabilité collective du peuple allemand. Vaste question dans laquelle je préfère ne pas entrer pour le moment. Il faut seulement savoir qu'elle n'est pas clairement tranchée en Allemagne, et qu'elle ne le sera pas par des considérations d'ordre moral. C'est l'opportunité politique, l'équilibre militaire européen, l'évolution économique qui relégueront cette question au musée. C'est selon qu'on aura besoin de l'abaissement de l'Allemagne comme puissance du centre de l'Europe que l'on suscitera la philosophie politique d'une histoire qui justifiera l'orientation de l'avenir. En attendant, les débats sont bridés. En voici deux exemples : l'historien britannique David Irving écrit en allemand pour un éditeur berlinois du groupe Springer un livre intitulé [158] Hitler und seine Feldherren, Hitler et ses généraux. Il en corrige les épreuves. Il s'aperçoit, après la publication, qu'on a gravement amputé et remanié son texte. Il faut dire que Irving, qui ne met pas en doute la thèse de l'holocauste, mais qui a concentré ses recherches sur la personne et les actes d'Hitler, n'a rien trouvé qui lui permette de prouver que Hitler ait pris la responsabilité d'une extermination massive. Cela, il le dit. Il ajoute que, puisque cette extermination est un fait, le coupable doit être ailleurs. Il en déduit que c'est sans doute Himmler, qui aurait caché tout cela à son Fürher. On peut se demander ce qui arrivera quand il étudiera de près la carrière d'Himmler. L'éditeur a sans doute trouvé qu'Irving se fait l'apologiste d'Hitler, et il a pris sur lui de remanier le texte. L'auteur proteste, puis il publie son ouvrage en anglais avec, dans son introduction quelques commentaires sur Ullstein Verlag, l'éditeur allemand # : Le responsable de l'édition trouva beaucoup de mes arguments détestables et même dangereux, et sans m'en informer il les supprima ou même les changea du tout au tout : dans leur texte imprimé Hitler n'avait pas dit à Himmler qu'il ne devait y avoir « pas de liquidation » des Juifs (30 novembre 1941) ; il lui avait dit de ne pas utiliser le mot « liquider » publiquement en relation avec le programme d'extermination. C'est ainsi qu'on falsifie l'histoire ! (ma proposition de publier la note d'Himmler en fac-similé n'a pas eu de réponse.) J'interdis toute nouvelle impression du livre, deux jours après sa parution en Allemagne. Pour expliquer leur action, les éditeurs berlinois soutinrent que mon manuscrit exprimait des vues qui étaient « un affront à l'opinion historique établie » dans leur pays. Hellmut Diwald est un historien fort connu en Allemagne. Il est l'auteur d'une biographie de Wallenstein # qui a connu un grand succès, il a dirigé une encyclopédie de l'histoire européenne #, très bien reçue aussi, et il enseigne à l'université d'Erlangen. En 1978, il publie une Histoire des Allemands # (et non une impossible histoire de l'Allemagne) qui se présente comme une remontée dans le temps. Les premières réactions sont très bonnes, entre autres celle du chancelier Schmidt. Puis Der Spiegel attaque férocement l'ouvrage : il y a de quoi. L'auteur refuse la « criminalisation » de l'histoire allemande ; tout en reconnaissant l'immensité des crimes hitlériens, il [159] constate que le poids de la culpabilité collective a rendu l'Allemagne malade, que les Alliés portent la lourde responsabilité d'avoir démembré l'Allemagne et de l'avoir déracinée de son passé pour mieux y exercer leur influence. Thèses évidemment tout à fait discutables, marquées à droite sans aucun doute. La polémique est assez violente et jusque-là, rien que de très normal #. Mais la pression se fait si forte que l'éditeur (qui appartient aussi au groupe Springer) retire l'ouvrage de la circulation et le réédite en février 1979, avec trois pages entièrement modifiées, qui portent sur la « solution finale ». Parmi les phrases supprimées figurent celles-ci : Depuis qu'a été lancée l'accusation selon laquelle Hitler aurait donné l'ordre à la S.S. par le canal de Himmler et de la direction de la Sûreté du Reich, d'annihiler physiquement les Juifs européens, le problème d'Auschwitz demeure protégé par une obscurité totale, et d'autant plus qu'Auschwitz remplit encore une autre fonction essentielle depuis la capitulation de 1945 dans le complet avilissement moral des Allemands (p. 164). A propos de ces faits [les gigantesques déportations de Juifs vers l'Est] dont l'arrière-plan est l'horrible privation de leurs droits dont furent victimes les Juifs sous le IIIe Reich, on a publié après 1945 de nombreux écrits et on a avancé maintes affirmations qui ne s'appuyaient sur aucune preuve, et qui élargissaient cyniquement le domaine de la honte. On a exploité l'un des événements les plus atroces de l'époque moderne par des tromperies, des mystifications, des exagérations délibérées dans l'intention de disqualifier totalement un peuple (p. 164). Et il entre ensuite dans certains détails de l'histoire d'Auschvitz-Birkenau, détails qui sont également supprimés au profit d'un texte qui ne veut plus du tout dire la même chose. La presse de droite a eu beau jeu de crier à la censure #, et à juste titre #. [160] Dans une interview donnée à Die Welt, entre les deux
éditions, le professeur Diwald s'était expliqué sur beaucoup de sujets («
criminaliser l'histoire d'un peuple, c'est le rendre malade », la question
de la responsabilité collective, Adenauer et la division de l'Allemagne,
l'identité allemande). Il peut paraître intéressant de relever une question
et sa réponse # : Die Welt : Vous êtes vous-même d'opinion que des problèmes essentiels de l'histoire contemporaine ne sont en aucune façon aussi définitivement élucidés qu'on le croit généralement. Et même à propos de la question juive, vous écrivez qu'il reste « malgré toute la littérature encore quelques points qui ne sont pas clairs ». Exit Diwald. Enter Bennett. La scène se passe en Australie. John Bennett y est connu pour être, depuis sa fondation en 1966, le secrétaire du Victorian Council for Civil Liberties, une sorte de ligue des droits de l'homme en plus actif, plus proche du quotidien, que la nôtre. On sait les Anglo-Saxons plus sourcilleux que nous dans la conception et la défense des droits des individus, et Bennett, avocat, s'est montré fort actif dans ce domaine. Il est, sur la scène australienne, un homme de gauche, et connu comme tel. Je m'en suis assuré auprès d'Australiens de ma connaissance. Fin 1978, il diffuse parmi quelques uni[161]versitaires et journalistes de Melbourne l'ouvrage de Butz, déjà cité, accompagné d'un memorandum, dont le texte est bientôt rendu public # : 1. Personne n'a jamais été accusé de meurtre sur quelqu'un faisant partie des deux, quatre, six millions (?) de gazés ; c'est-à-dire personne n'a été accusé d'avoir ouvert les boîtes de Zyklon B ; Les Australiens, qui ne vont quand même pas nous apprendre ce qu'est la civilisation, ont eu l'étrange idée de débattre de cette question dans la presse. Des articles polémiques, des lettres indignées furent publiées dans les plus grands journaux #. Il ne semble pas que quiconque ait eu recours aux tribunaux pour imposer ses vues, ce qui montre à quel point la patrie des kangourous reste arriérée. En Italie, la presse a beaucoup parlé de l'affaire Faurisson. Le 19 avril 1979, la télévision suisse italienne de Lugano a invité Robert Faurisson et Pierre Guillaume à un grand débat avec Enzo Collotti (auteur de Germania nazista, Turin, Einaudi), Wolfgang Scheffler (collaborateur de l'Institut d'histoire contemporaine de Munich, expert auprès des tribunaux allemands) et Mmes Rolfi et Tedeschi (déportées à Ravensbrück et à Auschwitz). Le débat, prévu pour une heure, a duré deux heures cinquante minutes, et a bouleversé les programmes. En raison de l'intérêt suscité dans le public, l'émission a été rediffusée le 6 mai. La presse transalpine a abondamment commenté cette émission (reçue dans plusieurs régions d'Italie), dans des termes équivalents à ceux de la presse française. C'est à la suite de cette projection qu'Antonio Pitamitz, collaborateur de Storia illustrata, publiée par Mondadori, a proposé une interview écrite à Faurisson. Le texte en est paru en août et a suscité à nouveau d'abondants commentaires. Le débat s'est d'ailleurs poursuivi sur plusieurs numéros. Cette interview est publiée ici, en annexe, pour la première fois en français. Serait-ce parce que les Italiens ont la conscience moins chargée que les Français qu'il leur est plus facile d'envisager de débattre de ce genre de question ? [163] DR. ROBERT FAURISSON HAS SERVED AS A RESPECTED PROFESSOR OF TWENTIETH CENTURY FRENCH LITERATURE AND DOCUMENT CRITICISM FOR OVER FOUR YEARS AT THE UNIVERSITY OF LYON-2 IN FRANCE. SINCE 1974 HE HAS BEEN CONDUCTING EXTENSIVE INDEPENDENT HISTORICAL RESEARCH INTO THE « HOLOCAUST » QUESTION. Compte tenu de l'attitude de l'université française dans cette affaire, nous nous bornons à publier le texte original de cette pétition sans traduction. Aucune signature nouvelle n'est sollicitée. Les originaux ont été remis au tribunal. Ils comportent le nom et l'adresse de ces signataires : 500 signatures étrangères au 31 octobre 1979.
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